Carnet de voyage de 4 collaborateurs à la découverte de la Silicon Valley

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Fin mai, quatre collaborateurs de C2S se sont rendus dans la Silicon Valley pour un voyage d’étude. L’objectif : observer les solutions de transformation digitale des sociétés de la high tech californienne et identifier ce qui pourrait être importable en France. Sept jours et 20 meetings avec des start-up plus tard, ils livrent leurs impressions.

Sept jours d’immersion dans la Silicon Valley, en compagnie de quelques clients, c’est ce qu’ont vécu Lionel Laské, directeur Innovation de C2S et responsable du Spot Bouygues, Pascal Guéry, directeur Conseil, Yacine Chahrour, responsable New Software et Gaëtan Miont, consultant Transformation Digitale. Avec l’accompagnement de Winnovation, vigie du groupe Bouygues en Californie, ils ont pu rencontrer de nombreux entrepreneurs, en quête de nouveaux usages et solutions en matière de transformation digitale. Ils ont aussi essayé de « comprendre » la Silicon Valley.

S’il y a bien une chose que tous ont retenu de ce voyage dans l’Ouest américain c’est qu’il ne faut pas s’attendre à voir quelque génie tout juste diplômé sortir de son garage en jean et t-shirt avec l’idée qui révolutionnera la planète. Halte au fantasme. En revanche, tous ont été profondément marqués par l’état d’esprit que partagent les entrepreneurs qu’ils y ont rencontré.

« Tout est possible »

Il n’y a pas que les géants du web sur le terrain de jeu de la Silicon Valley. Les entreprises rencontrées, start-up ou non, œuvrent dans des domaines très variés allant de l’éducation à l’analyse de données satellite en passant par la relation clients, la maintenance ou encore l’exploitation d’images de drones.

Ce qui les rassemble ? Pour Lionel, c’est « l’idée que tout est possible. Comme cette start-up appelée Planet Lab qui s’est lancée dans la conception de satellites à moindre coût pour l’exploitation de données d’imagerie ». Gaëtan appelle cela « la gagne, repousser les limites ». « En échangeant avec eux on se rend vite compte que chaque fois que l’on trouve un problème, une barrière, eux pensent déjà à la solution ».

Pour Pascal, cet état d’esprit leur permet intellectuellement « de s’autoriser à expérimenter, à avancer pas à pas en validant leurs hypothèses, à faire les choses de façon progressive sans être certain à l’avance du résultat final ». « Parfois même avant d’avoir trouvé un modèle économique », explique Lionel. « Comme la start-up IFTTT qui gère des connexions automatiques entre vos objets et applications pour jouer des scénarios, de domotique par exemple, et qui n’a pas encore de modèle économique abouti. Elle s’est concentrée d’abord sur la création d’une base importante de client. »
Gaëtan rappelle d’ailleurs « que là bas l'important est de s'adapter, de savoir "pivoter" pour aussi, à un moment, trouver son équilibre économique, les investisseurs n'étant pas des mécènes ! ».

Le résultat, c’est Yacine qui le résume : « toutes les idées ont le droit de cité et peuvent potentiellement être financées par un venture capitalist, ces investisseurs capables de miser gros sur des sociétés en devenir ».

Meeting C2S, Winnovation, IFTTT

« Un jeu de confiance très fort »

Justement, l’existence même de ces venture capitalists, ou « VC » dans le jargon local, crée un terrain fertile. De même que l’existence de clients potentiels pour ces entreprises et start-up. Car elles trouvent des clients prêts à miser sur elles, même lorsqu’elles ne sont constituées que de 20 salariés. « Parfois même, ces clients, lorsqu’ils sont convaincus, deviennent les investisseurs de ces sociétés », précise Gaëtan.

Cela, les entrepreneurs le doivent aussi à leur formidable capacité de conviction. C’est d’abord culturel, comme l’explique Yacine : « avec tous ceux que l’on a rencontré, tout était toujours positivé, chaque question que l’on posait était "great". On les perçoit dans l’exagération mais il faut reconnaître qu’ils se conditionnent dans une ambiance positive et enthousiasmante. Une spécialiste américaine des neurosciences appelle ça "Fake it until you make it". » Une sorte de méthode Coué… « Surtout, ils ne sont jamais sur la défensive, même face aux questions pièges ».

Et puis bien-sûr, il y a le réseau. Pour Pascal « il y a un jeu de confiance très fort entre entrepreneurs, investisseurs et clients. Les VC misent beaucoup sur la personnalité, l’expérience de ceux qui portent les projets ». D’ailleurs, la plupart des créateurs de start-up sont passé par les mastodontes de la Silicon Valley. « On décèle une forme d’entre-soi, un cercle assez fermé », acquiesce Gaëtan. « C’est un petit monde formé autour d’une université d’élite, Stanford, avec de grosses ambitions, de grosses capacités d’investissement, une certaine qualité de vie. Forcément, ils sont un peu auto-centrés », renchérit Pascal.

Innovate or die

« Impressionnant d’efficacité »

Alors concrètement, qu’est-ce qui naît de cet environnement unique en son genre ? « Environ 1 start-up sur 10 émerge », explique Gaëtan. « Ils se lancent car l’échec n’en est pas un, il est vécu comme une expérience de plus. Ce qui serait ennuyeux, ce serait de ne pas essayer. »

Le résultat c’est l’audace. Comme chez Planet Labs et ses satellites, unanimement citée.
Mais aussi comme chez Pindrop, dont Lionel a retenu l’efficacité : « ils proposent une solution avec un véritable retour sur investissement. Il s’agit d’identifier les tentatives de fraude par téléphone grâce à un outil qui fait une empreinte sonore de l’appel et la passe au crible de 150 facteurs différents pour déterminer si la personne tente de frauder. Dans un pays comme les Etats-Unis ou la carte bancaire à code telle que nous la connaissons est inexistante et où beaucoup de transactions se font par téléphone, ils arrivent à un taux de 80% de détection avec moins de 1% de "faux" positifs ! ».

Autre exemple : Parsable. « Ils ont inventé un outil de digitalisation des procédures de maintenance », explique Gaëtan. « Dans ce domaine, aujourd’hui, il y a beaucoup de papier à la fois pour les manuels d’instructions techniques et les formulaires d’intervention. Parsable a non seulement inventé un outil qui digitalise tout cela dans un smartphone mais ils sont allés plus loin puisque leur solution devient un référentiel qui permet de faire évoluer les procédures et qui offre un archivage dématérialisé de tout le savoir de l’entreprise. C’est un exemple parfait de solution développée en se focalisant sur le métier et pas uniquement sur la technologie. »

« Impressionnant d’efficacité », acquiesce Yacine, qui a aussi retenu la solution de Api.ai. « Il s’agit d’un SDK, un kit de développement informatique, permettant d’inclure l’interaction avec une voix naturelle dans n’importe quelle application. Un peu comme la fonctionnalité Siri d’Apple. Aujourd’hui, ce type de fonctionnalité est cantonné à l’interaction avec le calendrier ou le répertoire. Là, le champ des possibles est ouvert, on peut par exemple imaginer l’utiliser pour commander son application Deezer ou Spotify… ». « Ils proposent également de générer des conversations grâce à la reconnaissance du langage naturel, vocal ou écrit. Cela permet par exemple de créer des "chat-bot", des moteurs capables de chatter en ligne avec des internautes. », ajoute Pascal.

En résumé, la rencontre avec ces entrepreneurs qui font des propositions innovantes et audacieuses aura confirmé à nos quatre collaborateurs que c’est bien l’état d’esprit des pionniers qui anime la Silicon Valley. Tous sont revenus avec l’envie de conserver cette vision positive des choses, cet enthousiasme et cette capacité à essayer sans se freiner. Et ils ont chargé leurs valises de solutions prêtes à l’emploi et transposables !

Article publié le 9 juin 2016 dans la catégorie Digitalisation

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Lionel Laské

Lionel Laské

Directeur Innovation
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