Créativité et innovation : la méthode de brainstorming Disney

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Walt Disney, bien que ce nom évoque l’imaginaire, le rêve et l’enfance, était avant tout un entrepreneur. Au cœur de sa vision managériale : la capacité de ses employés à proposer des idées nouvelles et créatives, quel que soit leur niveau hiérarchique. Une vision qui a donné naissance dans les années 80 à une méthode de brainstorming basée sur le jeu de rôle.

« Pour réaliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rêver. Ensuite, réveillez-vous calmement et allez d’un trait jusqu’au bout de votre rêve sans jamais vous laisser décourager » (Walt Disney). C’est peut-être à partir de cette idée que la méthode Disney a vue le jour. Son principe : réaliser un jeu de rôle dans lequel chaque participant joue différentes personnalités, par roulement et durant un laps de temps défini, afin de concrétiser une idée ou un projet.

Le rêveur, le réaliste et le critique

Cette méthode part du postulat que trois types de personnalités sont nécessaires à la réalisation d’un projet : le rêveur, le réaliste et le critique. Pour atteindre un objectif commun, chacun a besoin de la vision de l’autre.

Le rêveur est celui pour qui tout est possible, dont rien ne peut entraver l’imaginaire. Il pense que son idée va prendre forme d’un simple coup de baguette magique. Sa pensée se résume à : « Je rêve de… ».

Le réaliste, lui, fera tout pour réaliser l’idée du rêveur. Pour lui, il suffit d’être organisé pour y arriver et il mettra tout en œuvre pour atteindre l’objectif. Sa pensée se résume à : « Comment faire pour… ».

Le critique voit d’abord les obstacles à la réalisation d’un projet. C’est l’avocat du diable mais pas un « casseur d’idée ». C’est celui qui anticipe les problèmes et permet d’imaginer des solutions de secours. Sa pensée se résume à : « Quels problèmes va-t-on rencontrer… ».

Le 4ème homme : le neutre

Depuis sa mise en place chez Disney, la méthode a évolué et certaines modélisations font apparaître un quatrième rôle, celui d’observateur et de conseiller, appelé le « neutre ». Il permet d’assurer le bon déroulé de l’atelier : il ne prend pas parti et se tient en retrait, mais vérifie que l’objectif pourra bien être atteint. Il est le conciliateur et le facilitateur.

Les règles du jeu

Concrètement, lors d’une séance de créativité menée selon la méthode Disney, chaque participant prend le rôle de chacune des trois personnalités successivement (pendant une quinzaine de minutes pour chaque rôle). Si les participants sont nombreux, des groupes peuvent être formés : un groupe de rêveurs, un de réalistes et un de critiques. Entendez par participants, les acteurs du projet. Cela comprend les collègues mais aussi le client, ou celui qui exprime un besoin (votre supérieur ou une tierce personne en interne, par exemple).

Pour démarrer, on part des idées du rêveur et pour chacune d’elles le réaliste et le critique exposent leur point de vue et répondent à des questions préalablement définies, correspondant à leurs personnalités. Redistribuez les rôles et rejouez le même exercice, jusqu’à ce que chaque contributeur (ou groupe) ait pu jouer les trois rôles. Comparez ensuite les résultats et définissez un projet unique sur la base des réponses faites au rêveur.

Refaites un tour en vous basant sur cet unique projet retenu. Vous constaterez que celui-ci va évoluer et se préciser. Vous pourrez alors rejouer les rôles jusqu’à atteindre une stratégie suffisamment clairvoyante. En sortie d’atelier, vous aurez identifié l’ensemble des points forts à mettre en avant, les risques ainsi que les moyens financiers et humains à mettre en œuvre pour donner vie à l’idée.

Une séance de créativité qui se prépare

Pour chaque rôle, préparez en amont une liste de questions.

Pour le rêveur, elles sont ouvertes et doivent laisser libre cours à son imagination, sa folie, son rêve, sans considérations financières ou délais. Seul compte l’imaginaire dans un monde sans contrainte (le monde Disney !). Par exemple : « Que puis-je inventer avec ma baguette magique ? » ; « À quoi cela va-t-il servir ? » ; « Pour qui ? » ; « Si les meilleurs développeurs, designers, ergonomes, marketeurs, commerciaux étaient dans le projet, je ferais… ».

Le réaliste, pragmatique, doit se poser les questions nécessaires à la mise en œuvre du projet. L’objectif : ajuster le besoin du rêveur et, par itération, arriver à un projet réalisable. Par exemple : « Quelle est la clé du succès de ce projet ? » ; « Est-ce que cette idée est vraiment intéressante pour les utilisateurs ? » ; « Quels moyens sont nécessaires (humain / financier) ? » ; « Quel est le délai de réalisation ? »…

Avec le critique, c’est la réalité du terrain et l’expérience des projets vécus qui prennent le relais pour anticiper les aléas, prévoir les impondérables et, in fine, concrétiser le projet. Ses questions doivent couvrir toutes les étapes du projet. Les questions auxquelles il devra répondre peuvent être : « Est-ce que cette idée a un sens, à quoi cela sert ? » ; « Est-ce que c’est vraiment la meilleure idée ? » ; « Ai-je les moyens techniques, financiers et humains nécessaires à sa réalisation ? » ; « Quels obstacles va-t-on rencontrer et comment les contourner ? »…

Les vertus de la méthode Disney

C’est en privilégiant alternativement l’idée, la faisabilité et l’organisation que les contributeurs font émerger une solution à la fois innovante, réfléchie et mesurée.

La méthode Disney permet à la fois de stimuler les prédispositions des participants (lorsqu’ils jouent le rôle dont ils sont le plus proches) et de les pousser à se mettre à la place de l’autre (dans les rôles qui leurs sont les plus éloignés). A condition que chacun joue le jeu.

Par ailleurs, elle favorise la collaboration en mettant autour de la table des métiers et des visions différentes. Le niveau hiérarchique des participants où les relations client/prestataire sont d’ailleurs totalement mises de côté pour l’exercice.

Enfin, elle encourage la créativité et l’innovation car elle part toujours des idées du rêveur. Le réaliste et le critique ne sont que le moyen d’en assurer la réalisation. Ce que Walt Disney résumait par : « Get a good idea, and stay with it. Dog it, and work at it until it’s done, and done right »*.

Walt Disney : « Get a good idea, and stay with it. Dog it, and work at it until it’s done, and done right

* « Trouvez une bonne idée et accrochez-vous à elle. Ne la lâchez pas et travaillez jusqu’à ce que les choses soient faites, et bien faites. »

Article publié le 31 mars 2016 dans la catégorie Digitalisation

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Manuel Brunel

Manuel Brunel

Responsable de l'Agence Digitale de C2S

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